Atelier d’écriture n°271 – Une photo quelques mots

© Marion Pluss

© Marion Pluss

Je me demande parfois si le fait d’avoir grandi au rythme des comédies romantiques n’a pas biaisé de manière définitive ma vision du couple.

Il faut dire que cette vision avec happy ending garantie n’a eu aucun mal à supplanter ma réalité faite de divorce. Pourtant je ne crois pas au prince charmant. Je n’imagine pas que mon patron va tomber amoureux de moi alors que j’effectue mon préavis. Que je vais tomber sous le charme du mystérieux inconnu rencontré sur un forum. Ou qu’un quiproquo va me mener dans les bras du beau gosse insaisissable.

J’aurai (enfin j’ai) plutôt tendance  à croquer sur l’homo refoulé, le connard au sourire ravageur ou le gars déjà en pris. Au lieu de prendre le chemin sinueux du happy ending, je prends la ligne droite menant au ravin le plus proche.

Je ne sais pas si je suis vraiment déjà tombée amoureuse. J’ai eu des sentiments, qui ont d’ailleurs été en grande partie piétiné par ceux auxquels ils se destinaient. Je suis encore moins certaine d’avoir suscité un tel sentiment chez mes partenaires. Ce qui n’est peut-être pas plus mal, car rien de pire qu’un amour non partagé.

Certes quand il m’arrive de me faire des cures de films romantiques, je me dis que ça ne semble pourtant pas si compliqué de rencontrer la bonne personne. Vu que généralement, elle est censée se trouver sous nos yeux à attendre qu’on se décide enfin à regarder. Et puis le lendemain, on tombe dans le schéma habituel. On se laisse berner par le plus flatteur, celui qui à l’instant T saura trouver le mot que vous rêviez d’entendre. Tout ça pour prendre conscience très rapidement que ça ne reste que des mots.

Alors que tout ce que vous voulez au fond, c’est tomber sur quelqu’un qui agit plus qu’il ne parle. Qui pense à vous autant, voir plus, que vous ne pensez à lui. Qui vous fasse sentir importante et ce, pas uniquement, quand il a envie de « tirer un coup ». Un homme avec lequel le mot partage prenne son sens alors qu’avec les autres vous étiez dans le « don de soi ».

Mais pour que tout cela soit envisageable, il ne faut pas rester derrière son écran. Ne pas être spectatrice de la vie des autres mais devenir actrice de la sienne. Sortir de sa zone de confort, aller vers les autres, oser et voir ce que le vent sèmera sur notre chemin. Un chemin que l’on peut emprunter seule dans un premier temps, pour espérer le terminer plus nombreux.

Et même si c’est pour le boucler seule, il est toujours plus judicieux d’avancer que de stagner. La nature ne nous a pas donné les moyens de se mouvoir pour nous observer faire du surplace en permanence.

Il ne tient qu’à nous de nous donner l’opportunité d’écrire notre propre comédie romantique.

Looking for my happy ending…

Atelier d’écriture n°269 – Une photo quelques mots

© Vincent Héquet

© Vincent Héquet

Tant de possibilité.

Tant de voies possible, à l’image de tous ces pas laissés sur le sable.

Des chemins à suivre, des parcours aussi divers que nombreux.

Et devant, au loin, rien, si ce n’est l’incertitude, un grand point d’interrogation.

Des tonnes de questions et aucune réponses… Du moins pour le moment.

Immobile, perdue dans ses pensées et éblouie par tant de possibilités.

Elle restait là. Fixant cet horizon rempli d’inconnus et de promesses, elle laissait ses pensées vagabonder sans aucunes limites.

Paradoxe d’autant plus étrange, que ses jambes refusaient catégoriquement de faire le moindre mouvement.

Une paralysie provisoire qui était une conséquence de son incapacité à faire un choix.

Poursuivre dans la même voie qui pourtant, force était de le constater, ne la rendait pas aussi heureuse qu’elle le laissait paraître.

Choisir la voie que son entourage semblait lui indiquer. A défaut de s’y épanouir, elle y serait d’une certaine manière en sécurité.

Tracer la sienne, sans se soucier du regard des autres, des « qu’en dira-t-on », des incertitudes, des doutes.

Attendre que la marée, ou le vent, efface toutes ses traces. Qu’elle puisse entamer sa route sans a priori, sans inconsciemment en suivre une déjà existante.

Patiente, et sur ses gardes, elle réunissait tout le courage nécessaire pour faire ce premier pas. Celui qui pourrait peut-être tout changer. Celui qui marquerait le début de cette vie qui lui tendait les bras.

Doucement, sûrement, mais toujours avec conviction, elle fera un pas après l’autre sans jamais se retourner.

Finalement, le plus dur était probablement là. Dans le fait, de ne pas regarder en arrière…

Verbe #4

Pouvoir vivre la vie que l’on s’est choisie

Pouvoir aimer librement celui qui a capturé mon coeur

Pouvoir manger sans se priver

Pouvoir marcher, courir, sauter, nager, danser…

Pouvoir se faire plaisir régulièrement

Pouvoir jouir de lui et avec lui

Pouvoir rêver encore et toujours

Atelier d’écriture n°266 – Une photo quelques mots

© Fred Hedin

© Fred Hedin

Sur le toit, un immense espace allait bientôt prendre une multitude de couleurs. Elle entendait déjà les oiseaux chanter et les abeilles vaquer à leur occupation favorite en butinant les fleurs fraîchement écloses.
Non loin du petit espace potager, des coussins et une table réalisée à l’aide de vieilles palettes pourraient accueillir les pauses du midi et les premiers apéros du printemps.

A l’étage du dessous, les bureaux avec d’immense baies vitrés pour surplomber la ville. Lieu propice à la créativité et à la concentration. Le tout sans ressentir la pression du quotidien.

Au premier, deux immenses salles de répétitions. L’une avec de grandes glaces et cette barre de danse dont elle avait toujours rêvé. La seconde avec un plateau nu mais donnant sur l’extérieur comme pour les préparer à conquérir le monde en brûlant les planches.

Le rez-de-chaussé sera le lieu de vie le plus important. Celui où tout commencera. Celui où les rencontres et les échanges prendront un tout autre sens. Du mobilier entièrement recyclé ou upcyclé. Un espace dans lequel la nature aurait sa place et où la luminosité naturelle sera reine. Quelques tables pour se poser lire, boire un thé, papoter. Des moments de partages où chacun apprend de l’autre et transmet avec passion. Au mur, les plantes feront la place à quelques livres, quelques objets d’arts. Sans chichis, juste pour promouvoir les talents du coin. Leur permettre de réaliser leur rêve. De faire un premier pas vers un public qu’il n’imaginait jamais toucher.

Il lui suffisait de fermer les yeux pour entendre le léger brouhaha des diverses salles occupées. Elle sentait les effluves de thé se mêlant avec l’odeur des fleurs envahir ses narines. Une petite musique de fond qui conférait au tout un côté zen et hors du temps. Elle se sentait à sa place pour la première fois. Une énergie inédite l’envahissait et bien qu’elle n’avait aucune garantie de réussir, elle savait. Elle savait que tout irait bien. Certes, elle devra être encore patiente. Elle y laissera quelques plumes en se blessant avec un marteau ou en voyant une marche céder sous les allers et venus des bricoleurs du dimanche venus l’aider… Plus de peur que de mal, heureusement. Et puis un beau jour, ses images ne seraient plus un simple rêve. Son « havre de paix » sera bel et bien réel. Elle se sentira invincible, même si être sa propre patronne lui offrira de nouveau revers de fortune et des défis insoupçonnés.

A côté d’elle, le regard de ses partenaires de « galère », du moins pour cette première phase, voyageait des ruines dans lesquelles ils se trouvaient au visage de cette jeune femme pleine d’espoir. Ils étaient tentés de la secouer en lui disant qu’elle était folle de croire que tout cela serait possible. De penser que cette bâtisse n’allait pas s’effondre dans la journée. Mais en l’écoutant, ils étaient contaminés par ses rêves, son enthousiasme et sa détermination. Alors il n’y avait plus qu’une chose à faire…

Se mettre au boulot ! Restait à savoir par où commencer…