Verbe #9

Donner de mon temps

Donner de l’amour

Donner mon avis

Donner de la joie

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Atelier d’écriture n°271 – Une photo quelques mots

© Marion Pluss

© Marion Pluss

Je me demande parfois si le fait d’avoir grandi au rythme des comédies romantiques n’a pas biaisé de manière définitive ma vision du couple.

Il faut dire que cette vision avec happy ending garantie n’a eu aucun mal à supplanter ma réalité faite de divorce. Pourtant je ne crois pas au prince charmant. Je n’imagine pas que mon patron va tomber amoureux de moi alors que j’effectue mon préavis. Que je vais tomber sous le charme du mystérieux inconnu rencontré sur un forum. Ou qu’un quiproquo va me mener dans les bras du beau gosse insaisissable.

J’aurai (enfin j’ai) plutôt tendance  à croquer sur l’homo refoulé, le connard au sourire ravageur ou le gars déjà en pris. Au lieu de prendre le chemin sinueux du happy ending, je prends la ligne droite menant au ravin le plus proche.

Je ne sais pas si je suis vraiment déjà tombée amoureuse. J’ai eu des sentiments, qui ont d’ailleurs été en grande partie piétiné par ceux auxquels ils se destinaient. Je suis encore moins certaine d’avoir suscité un tel sentiment chez mes partenaires. Ce qui n’est peut-être pas plus mal, car rien de pire qu’un amour non partagé.

Certes quand il m’arrive de me faire des cures de films romantiques, je me dis que ça ne semble pourtant pas si compliqué de rencontrer la bonne personne. Vu que généralement, elle est censée se trouver sous nos yeux à attendre qu’on se décide enfin à regarder. Et puis le lendemain, on tombe dans le schéma habituel. On se laisse berner par le plus flatteur, celui qui à l’instant T saura trouver le mot que vous rêviez d’entendre. Tout ça pour prendre conscience très rapidement que ça ne reste que des mots.

Alors que tout ce que vous voulez au fond, c’est tomber sur quelqu’un qui agit plus qu’il ne parle. Qui pense à vous autant, voir plus, que vous ne pensez à lui. Qui vous fasse sentir importante et ce, pas uniquement, quand il a envie de « tirer un coup ». Un homme avec lequel le mot partage prenne son sens alors qu’avec les autres vous étiez dans le « don de soi ».

Mais pour que tout cela soit envisageable, il ne faut pas rester derrière son écran. Ne pas être spectatrice de la vie des autres mais devenir actrice de la sienne. Sortir de sa zone de confort, aller vers les autres, oser et voir ce que le vent sèmera sur notre chemin. Un chemin que l’on peut emprunter seule dans un premier temps, pour espérer le terminer plus nombreux.

Et même si c’est pour le boucler seule, il est toujours plus judicieux d’avancer que de stagner. La nature ne nous a pas donné les moyens de se mouvoir pour nous observer faire du surplace en permanence.

Il ne tient qu’à nous de nous donner l’opportunité d’écrire notre propre comédie romantique.

Looking for my happy ending…

Atelier d’écriture n°269 – Une photo quelques mots

© Vincent Héquet

© Vincent Héquet

Tant de possibilité.

Tant de voies possible, à l’image de tous ces pas laissés sur le sable.

Des chemins à suivre, des parcours aussi divers que nombreux.

Et devant, au loin, rien, si ce n’est l’incertitude, un grand point d’interrogation.

Des tonnes de questions et aucune réponses… Du moins pour le moment.

Immobile, perdue dans ses pensées et éblouie par tant de possibilités.

Elle restait là. Fixant cet horizon rempli d’inconnus et de promesses, elle laissait ses pensées vagabonder sans aucunes limites.

Paradoxe d’autant plus étrange, que ses jambes refusaient catégoriquement de faire le moindre mouvement.

Une paralysie provisoire qui était une conséquence de son incapacité à faire un choix.

Poursuivre dans la même voie qui pourtant, force était de le constater, ne la rendait pas aussi heureuse qu’elle le laissait paraître.

Choisir la voie que son entourage semblait lui indiquer. A défaut de s’y épanouir, elle y serait d’une certaine manière en sécurité.

Tracer la sienne, sans se soucier du regard des autres, des « qu’en dira-t-on », des incertitudes, des doutes.

Attendre que la marée, ou le vent, efface toutes ses traces. Qu’elle puisse entamer sa route sans a priori, sans inconsciemment en suivre une déjà existante.

Patiente, et sur ses gardes, elle réunissait tout le courage nécessaire pour faire ce premier pas. Celui qui pourrait peut-être tout changer. Celui qui marquerait le début de cette vie qui lui tendait les bras.

Doucement, sûrement, mais toujours avec conviction, elle fera un pas après l’autre sans jamais se retourner.

Finalement, le plus dur était probablement là. Dans le fait, de ne pas regarder en arrière…