La fin du monde est pour dimanche de François Morel

la fin du monde est pour dimanche

Le samedi 6 décembre, je suis allée au théâtre La Piscine pour voir un spectacle pas comme les autres.

Si, comme le dit si bien François Morel, La Fin du monde est pour Dimanche, autant passer ma dernière soirée sur Terre à me marrer tout en vivant un moment plein de poésie.

Le comédien, chroniqueur, chanteur et auteur, François Morel offre un show d’1h20 de toute beauté. Oui, je connaissais le bonhomme grâce à ses chroniques et surtout aux Deschiens. Mais le voir sur scène ce soir-là a été une révélation. Bon, en grande timide que je suis, quand je l’ai rencontré à la fin du spectacle pour qu’il me dédicace son livre, j’ai juste été capable d’aligner deux mots. Cependant, une part de moi aurait rêvé parler avec lui de la vie, du fait de vieillir, de son art, de poésie, de philosophie, du métier d’acteur, de la météo, ou même juste s’asseoir à ses côtés pour admirer un lever de soleil brumeux à 5h du matin…

Dans ce spectacle, on part du principe que la vie se déroule sur une semaine. Si enfant onla fin du monde est pour dimanche est un lundi et qu’à 30 ans je suis plutôt fin mardi, début mercredi, nos grands-parents sont plutôt du côté du samedi soir, voir même du dimanche. Du coup, qu’allons-nous faire des jours qu’il nous reste. Comment appréhendez cette fin de semaine qui annonce la fin de nous ? Et puis si après tout, la mort c’était pas quelque chose de si grave, surtout si on a fait en sorte d’occuper nos journées au maximum et qu’un bon et long repos ne serait pas une si mauvaise idée ?

Ne vous attendez pas à une réflexion moribonde sur l’apocalypse qui réduirait à néant toute forme de vie. Au contraire, ici, c’est plutôt une ôde à la vie qui s’offre à nous. Que ce soit des moments entre un grand-père et son petit-fils, une rencontre dans le métro qui ne tourne pas comme on l’espérait, ou encore une histoire d’amour avec une huître… Le tout est surprenant, drôle, poétique et saupoudré de philosophie.

Et puis voilà, il me faut bien convenir que j’ai vécu une histoire sentimentale, passionnelle, romantique, avec une claire numéro trois.

François Morel relève le défi d’offrir un spectacle incroyablement humain où toutes nos petites contradictions sont mises en avant pour le meilleur et le rire. On ne peut que saluer l’idée lumineuse de Benjamin Guillard d’être allé fouiller dans les tiroirs de Morel et de créer un spectacle avec les textes trouvés de-ci, de-là. On savoure ces différents « chapitres » de vie avec délectation surtout quand son auteur joue avec les mots avec un tel talent et amour. Avec virtuosité, un comédien nous parle de son métier et de son parcours en alexandrin. Il enchaîne les jeux de mots en nous offrant un reportage sur le jour de la Nativité. Ou encore est un poil schizophrène en nous parlant du cirque. Bref, les tableaux s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Pourtant, ils ont tous en commun de nous faire rire, réfléchir et rêver.

Seul sur scène, il est accompagné d’un piano qui a sa propre volonté et d’un jeux de lumières, de vidéos et fumigènes qui donne à chaque texte une dimension propre. Le fil rouge de ce spectacle est Anna Karina répétant en boucle son « Je sais pas quoi faire… » de Pierrot le Fou. Une chose est certaine quand on sort de ce spectacle est qu’à défaut de savoir quoi faire, on a envie de faire unla fin du monde est pour dimanche million de choses, y compris le simple fait de « profiter ».

Un grand merci à vous monsieur François Morel pour cette soirée qui aurait pu être la dernière sur cette planète et n’aura en aucun cas été une perte de temps ou un regret.

La Fin du monde est pour dimanche et croyez-moi, vous ne voulez pas louper ça !

La Fin du Monde est pour Dimanche de François Morel
Ed. Les Solitaires Intempestifs / Déjà disponible en librairies

Spectacle mis en scène par Benjamin Guillard.
Texte de François Morel.
Joué du 28 janvier au 28 février 2015
Théâtre du Rond-Point à Paris
Place en vente ici.

//ws-eu.amazon-adsystem.com/widgets/q?ServiceVersion=20070822&OneJS=1&Operation=GetAdHtml&MarketPlace=FR&source=ac&ref=tf_til&ad_type=product_link&tracking_id=emdrup-21&marketplace=amazon&region=FR&placement=2846814015&asins=2846814015&linkId=3GZUR66M6SLIX7VN&show_border=true&link_opens_in_new_window=true

Collaboration mise en scène de Georges Werler

collaboration-47fm

 Deux artistes au sommet de la gloire. Deux géants ! Richard Strauss (Michel Aumont) et Stéfan Zweig (Didier Sandre). Le premier, proche du régime nazi et se croyant tout puissant et intouchable, non concerné par la politique. Le second, craignant au contraire cette politique et la violence qu’elle allait sécréter. Ils s’admiraient. Ils créeront ensemble un opéra bouffe inspiré de Ben Johnson,« La Femme Silencieuse », immense succès arrêté dès la seconde représentation par le régime nazi, le nom d’un juif étant resté sur l’affiche malgré l’interdiction. Une fois encore la politique de la haine montrait son talent.

Ce mardi soir, j’ai eu la chance de découvrir sur la scène du théâtre de la Madeleine la pièce de Ronald Harwood, Collaboration, mise en scène par Georges Werler. Tournant depuis 2011, cette pièce avait attiré mon attention dès le début.

D’abord de par la période historique qu’elle explore. Pour ceux qui l’ignorent encore je suis fascinée par la Seconde Guerre Mondiale. Puis pour les protagonistes que la pièce met en avant. Si je m’intéresse depuis longtemps à Stefan Zweig, j’avais en tête que Richard Strauss était, à l’image de Wagner, l’un des compositeurs antisémite sous le régime d’Hitler.

Malgré la fatigue post-Festival de la BD d’Angoulême, j’étais bien heureuse de me retrouver dans cette salle.

Durant 2 heures, le mot Collaboration prend tout ses sens et bien plus encore.

Le premier met en avant le partenariat professionnel mais aussi l’amitié entre l’écrivain autrichien juif, Zweig (Didier Sandre) et le compositeur allemand, Strauss. Si les deux hommes n’ont a priori pas grand chose en commun en dehors de leur amour pour l’Art, les liens les unissant deviennent de plus en plus fort au fil des années. Je connaissais l’amitié unissant Zweig à Freud, mais celle-ci donne de nouvelles informations quant à la fragilité de l’écrivain et les raisons qui l’ont amené à se suicider avec sa femme en 1942 au Brésil.

Le second est celui plus tristement historique et lié à la Seconde Guerre Mondiale prennant tout son ampleur avec Strauss qui se voit contraint de jouer le jeu des nazis pour sauver la vie de ses petits enfants et de sa belle fille juive.

Mais au final, le mot Collaboration est parfaitement défini à travers les mots que Strauss (Michel Aumont) prononce lors de sa dernière scène où il doit justifier ses actes durant la Guerre.

Vous l’aurez compris, Collaboration n’est pas seulement le récit linéaire de la création de l’opéra « La Femme silencieuse » qui a réuni ces deux grands artistes. Cette pièce est aussi le récit d’une belle amitié qui a réussi tant bien que mal à survivre à l’oppression nazi.

Au delà du texte magnifique de Ronald Harwood, il faut souligner l’incroyable performance de deux grands acteurs français : Michel Aumont et Didier Sandre. Ils portent la pièce sur leurs épaules et nous offrent une performance toute en simplicité avec une montée en puissance au fil du récit, pour aboutir à un final à couper le souffle.

Une pièce qu’il faut voir et faire voir.

D’ailleurs je me suis demandée pourquoi il n’y avait pas plus de jeunes dans la salle. Je suis persuadée que ceux qui doivent étudier la Seconde Guerre Mondiale y gagneraient beaucoup.

Infos utiles : 

Au Théâtre de la Madeleine
Jusqu’au 5 mai 2013
Réservez votre place ici

Le Cirque Eloize présente iD

cirque-Eloize

Lorsque les danses urbaines rencontrent le cirque contemporain. 

Quatorze artistes sur scène, treize disciplines acrobatiques : iD, la septième création du Cirque Eloize est un spectacle multidisciplinaire à signature urbaine. Plongez dans l’ambiance d’une grande ville du monde et découvrez un univers débordant d’énergie, de poésie et de modernité. En tournée mondiale depuis trois ans et après une résidence au Théâtre National de Chaillot et au Grand Rex à Paris en 2012, iD revient pour une série de représentations supplémentaires uniques en leur genre.

Récemment, après un passage du côté du Cirque d’Hiver, j’avais fais le triste constat que mon âme d’enfant n’était probablement plus ce qu’elle était. En effet, le spectacle m’avait fortement ennuyé et je sortais du « chapiteau » en trouvant que la magie du cirque n’était plus vraiment présente…

Alors quand on m’a proposé des places pour aller voir le spectacle iD du Cirque Eloize, j’ai quelque peu hésité. Les vidéos traînants sur Youtube et les nombreuses critiques élogieuses écrites sur cette troupe m’ont convaincu de lui laisser une chance.

Je me suis donc rendue au Grand Rex ce dimanche à 15h pour en prendre pleins les yeux. Expression bien faible au vu de tout ce que la troupe du Cirque Eloize nous offre dans ce show. Difficile de savoir où donner de la tête entre les artistes plus hallucinants et talentueux les uns que les autres et les effets visuels liés au décor. Nos yeux ne savent plus où se poser tellement il y a à voir.

Mêlant danses urbaines, acrobaties et numéros de cirque, iD nous plonge au coeur d’une « battle » opposant deux gangs voulant prendre possession de la ville. Un côté West Side Story, mais qui connaîtra un happy end vu qu’ici leur passion commune va finir par les réunir.

Durant 1h40, cette bande de jeunes (ils ne doivent pas avoir plus de 35ans) fait preuve d’une énergie incroyable et surtout communicative. On est scotché sur notre siège, du début à la fin, oscillant entre rires et larmes, car oui ce spectacle est un condensé d’émotions.

Des numéros extrêmement rythmiques (la corde à sauter, le trampoline, le vélo…) viennent s’alterner avec des numéros d’une poésie incroyable (le drap, la contorsionniste, le cerceau…). Et même si quelques couacs peuvent toujours arriver (une corde à sauter pas très coopérative), le tout demeure sublime.

Une chose est sûre si pour moi le Cirque classique c’est terminé, je ne manquerais pour rien au monde la prochaine création du Cirque Eloize.

Quand on découvre quelque chose d’aussi magique, on en veut toujours plus !

Infos utiles : 

Au Grand Rex jusqu’au 3 février

Les Menteurs au Théâtre de la Porte Saint Martin

Chargés d’annoncer une mauvaise nouvelle à deux personnes âgées au coeur fragile, deux braves « bobbies » appuient sur la sonnette d’un petit pavillon le soir de Noël… 
La maladresse des deux policiers n’égalant que leur absence de jugeote, l’affaire prend rapidement une tournure des plus burlesques. 
La vieille dame n’a plus toute sa tête, une voisine inquiétante terrorise son monde, un pasteur cache quelque chose, une jeune fille peut en cacher une autre, un chien aboie, puis plus…

N’étant pas une fan de Chevallier et Laspalès, j’avoue que je suis allée voir Les Menteurs avec un a priori et un espoir. L’a priori est naturellement le fait de voir tout ce qui m’agace chez ce duo d’humoristes. L’espoir était de voir une pièce de théâtre avec Chevallier et Laspalès et non Chevallier et Laspalès faire du théâtre… Je ne sais pas si je me fais bien comprendre…

Bref, Les Menteurs est une pièce quelque peu étrange. Si en lisant le résumé on peut s’attendre à une comédie fort sympathique au tonalité burlesque, le tout est quelque peu différent.

On y suit deux policiers londoniens (Chevallier et Laspalès), sorte de Dupond et Dupont britannique mais moins attachant à mon goût, qui le soir de Noël doivent annoncer le décès de leur fille à un couple de personnes âgées. Naturellement entre la maladresse des deux officiers ou encore leur « déficience » intellectuelle, les quiproquos ne cessent de s’accumuler.

Le tout a un fond plutôt sympathique bien que un poil glauque au vu du sujet et surtout de la fin de la pièce.

Les situations et les gags sont éculées et les personnages en fond un peu beaucoup du côté du surjeu à l’exception du couple de vieux. Toute la pièce repose sur la dynamique du duo Chevallier et Laspalès et naturellement si vous êtes comme moi, réfractaire à leur humour, vous risquez de trouver cette heure et demi assez longue.

Cependant, au vu des rires dans la salle, je dirai que tous fans du duo, sera plus que ravi de découvrir Les Menteurs. Pour les autres, je vous dirais de bien réfléchir et de probablement passer votre chemin. Bon, pour être complètement honnête, j’ai tout de même souri à deux ou trois reprises.

Infos utiles :

Jusqu’a 14 octobre
Théâtre de la Porte Saint Martin
Réservez vos places ici.

Doris Darling au Théâtre du Petit Saint Martin

 

Egorgeuse de réputations, serial killeuse de carrières, Doris Wallis promène sa plume assassine dans la presse people anglaise, drapée dans un esprit de répartie qui fait les personnages de théâtre inoubliables, et régnant sans ambage sur une cour de quatre personnages aussi serviles que drôles. Comédie à suspense, anglaise, contemporaine, déjantée et redoutablement bien construite, Doris Darling est une farce sur les ravages comiques de la vanité humaine. L’écriture de Ben Elton, jubilatoire, libérée, surprend le spectateur sans relâche jusqu’à la dernière image. On devine quelques beaux fantômes, Oscar Wilde, les Monty Python, Ab-Fab, Bette Davis… The show must go on. Mais que ne ferait-on pas pour son petit quart d’heure de célébrité?

Ecrit par Ben Elton, Doris Darling est une pièce décalé et terriblement drôle.

Marianne Sergent y incarne la redoutable Doris Wallis, journaliste people, prenant autant de plaisir à détruire la carrière des acteurs croisant sa plume qu’en sniffant un rail de coke. Sa folie n’a d’égale que sa grande gueule et son exubérance. A ses côtés, Amélie Etasse, Thierry Lopez, Eric Prat et François Siener incarnent des personnages hauts en couleurs et tout aussi surprenants.

Durant 1h45, c’est un florilège de bons mots, de répliques cinglantes, d’humour débridé. Dès le début, Miss Wallis donne le ton en ne s’étonnant guère que son imprimante soit encore en panne vu que celle-ci est made in China : « A force de faire travailler des enfants dans leurs usines, il ne faut pas s’étonner de retrouver des morceaux de doigts de trois ans dans leurs machines… ».

C’est osé, c’est fou, c’est surprenant à l’image de ces changements d’acte complètement farfelu. Le tout mis en avant par un décor sobre, mais une mise en scène déjanté à coup de « Because We Can Can Can » et de jeux de lumières psychédéliques.

Véritable farce à l’humour so British, Doris Darling ose critiquer la presse people et offre enfin une vengeance à celle qu’elle aime tant maltraiter !

Doris Darling est une véritable bonne surprise et un délice de chaque instant !

Foncez-y !!!

Jusqu’au 31 octobre 2012
Théâtre du Petit Saint Martin
Réservez votre place ici.

Les Liaisons (très) dangereuses

Mary Lane : Alors vous en avez pensé quoi les filles ? Chaudes ces Liaisons dangereuses…

Arwen : Bouillante même ! Attends, la nana elle était vraiment à poil sur scène !

Sugar Kane : Tu es sûre ? Si c’est le cas, le mec qui joue Valmont, il se fait sacrément plaisir…

Mary : Oui, oui, elle était bien entièrement nue et je peux même te dire que c’est une vraie rousse…

Sugar : Le mec a définitivement tiré le gros lot !

Arwen : Et celle qui incarne de Tourvel… C’est la femme parfaite… ça devrait être interdit ce genre de physique !

Mary : Cette adaptation, elle claque ! Je m’attendais pas du tout à ça de la part de Malkovich !

Arwen : Ah bon ? Tu pensais voir un truc plus sage ?

Mary : Non pas forcément, mais là c’est complètement décalé, drôle, déjanté, osé… Il y est allé à fond dans sa mise en scène.

Sugar : C’est sûr qu’on n’avait pas vu ça avant… Moi, ce que j’adore, c’est que ce soit ultra-rythmé ! On n’a pas le risque de s’endormir…

Mary : C’est clair, et pourtant j’ai eu un peu peur en voyant que la pièce durait 2h40 avec entracte. Mais on ne voit pas le temps passer…

Sugar : Oui, enfin, j’ai quand même préféré la deuxième partie. Et pourquoi, tu as piqué un fou rire au moment où Valmont allait enfin embrasser de Tourvel ? Sa tête paraissait ridiculement petite à côté de celle de l’actrice, mais quand même, c’était pas une raison…

Mary : Ah non, rien à voir, en fait ceux sont plutôt les bruits issus des entrailles de Penny qui ont tout déclenché. Ils étaient monstrueux et vu qu’après ça elle s’est battue avec son sachet de pain… Bref, c’était du grand Penny…

Arwen : Désolée, c’est indépendant de ma volonté, j’y peux rien si j’ai un alien dans le ventre…

Sugar : Là voilà qui se la joue Valmont avec son « c’est indépendant de ma volonté » !

Arwen : Oui, enfin, pour infos, dans la pièce de Choderlos de Laclos, la phrase exacte est « c’est pas de ma faute » !

Mary : Je me demande pourquoi ils ont changé ça ?…

Arwen : Peut-être pour lui donner un côté plus contemporain… Comme l’utilisation de l’Ipad ou de l’Iphone pour représenter les échanges épistolaires….

Mary : Cette pièce a été sponsorisée par Apple !

Sugar : Ah ah ! Oui, enfin dans le genre contemporain, j’ai surtout apprécié les expressions physiques et les gestes que les acteurs ont utilisés par moment. D’ailleurs, celle qui joue Cécile est super, elle est vraiment dans le personnage !

Arwen : Les autres sont très bons aussi…

Mary : Un peu inégal… Il y a des moments où certains m’ont fait un peu peur… La nana qui joue Merteuil au début… J’ai vraiment eu la sensation qu’elle récitait son texte à l’italienne comme si elle en faisait une simple lecture…

Arwen : Elle m’a fait peur aussi. Mais au final, ça fait aussi parti du côté original de la pièce.

Sugar : Au final, le casting est très bien et la mise en scène encore meilleure…

Mary : Tout à fait d’accord, bon par contre, John Malkovich aurait quand même pu faire un effort et faire une apparition sur scène au moment du salut.

Arwen : Tu as raison, il abuse !

Sugar : Bon sinon, c’est quoi la prochaine sortie ?

En arrivant sur le quai du métro.

Arwen : Et si on allait voir Adam & Eve ?…

Mary et Sugar : ….

Les Liaisons Dangereuses
Mise en scène John Malkovich
Au théâtre de l’Atelier (Paris 18è)
jusqu’au 30 juin

Sweeney Todd au théâtre du Châtelet

C’est officiel, le Théâtre du Châtelet à définitivement la meilleure programmation de Paris. Et tout spécialement quand cela touche aux comédies musicales. Après Showboat et My Fair Lady, j’ai pu assister (merci les ventes flash de la Fnac) le 22 avril à la Première de Sweeney Todd !

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de cette oeuvre et aurait manqué au cinéma l’adaptation de Tim Burton avec Johnny Depp et Helena Bonham-Carter dans les principaux rôles, voici un petit pitch pour vous mettre à jour. Sweeney Todd est l’histoire d’un barbier londonien qui après avoir été banni du pays revient sous une nouvelle identité dans l’espoir de retrouver sa femme et son enfant, qu’il n’a jamais vu. Rapidement, il apprend la mort de la première et que sa fille est devenu la pupille de son ennemi le juge. Il décide alors de se venger à tout prix.

Si le film de Burton en a laissé plus d’un dubitatif… Il faut dire qu’entre Johnny Depp qui en fait des tonnes (voir un peu trop) et un casting qui ne sait pas vraiment chanter, le film partait avec quelques handicaps. Cependant, cette histoire sombre m’a séduite. Alors quand le théâtre du Châtelet a annoncé l’arrivée de la comédie musicale signée Stephen Sondheim sur ses planches. Je n’ai pas hésité longtemps à prendre ma place. Le résultat des courses est que je ne regrette aucunement la dépense ! Découvrir Sweeney Todd sur scène n’a fait que renouveler mon amour pour cette oeuvre. La mise en scène de Lee Blakeley sobre est tout simplement parfaite, mais il faut reconnaître que tout repose sur la voix et le talent de Rod Gilfry qui incarne le démoniaque barbier de Fleet Street.
Loin de l’exubérance d’un Johnny Depp, il offre une prestation tout en retenue d’un homme torturé et borderline. Sa voix transpose à merveille les multiples émotions de son personnage et nous touche au plus profond de notre être quand il s’enfonce dans les graves pour communiquer sa peine et sa douleur.
Pour lui donner la réplique, j’avais du mal à imaginer plus frappadingue que Helena Bonham-Carter pour incarner Mrs Lovett. Pourtant, Caroline O’Connor n’a rien a envié à l’actrice. Elle offre une prestation tout aussi parfaite que celle de son partenaire. Nous faisant rire sur « A Little Priest » ou nous transporte avec « By the Sea« . Le duo fonctionne à la perfection et on s’attache à ses personnages à une vitesse hallucinante. Au point que le final arrive beaucoup trop vite à notre goût.
Le reste du casting n’a pas à rougir non plus de sa prestation. Tout dans ce Sweeney Todd a un goût de « reviens-y ». Cette comédie musicale gothique nous possède complètement même une fois le rideau tombé.

J’avoue que d’assister à la Première était d’autant plus agréable. On pouvait sentir la nervosité des acteurs et leur volonté de donner le meilleur d’eux-mêmes. Mission réussi au vu du public debout pour les applaudir et des « bravo » fusant dans la salle au moment des saluts. La troupe n’a d’ailleurs pas hésité à hurler sa joie. En prime, Stephen Sondheim lui-même était dans la salle et sur scène pour soutenir cette grande Première.

Si vous voulez donc (re)découvrir ce thriller musical, c’est jusqu’au 21 mai au Théâtre du Châtelet. Et pour ceux qui ne pourraient pas se l’offrir, sachez que France Musique diffusera l’intégralité du spectacle le 11 mai avec en prime une interview exclusive de Sondheim.