Demain tout commence…

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J’ai profité d’une coupure de courant pour utiliser la batterie de mon ordinateur portable afin de regarder le seul film que j’avais sur mon disque dur.

Demain tout commence m’avait déjà fait de l’œil au moment de sa sortie en salles, mais j’avais loupé le coche.

J’ai passé la dernière demi-heure de ce film en larmes. Emue par la prestation d’Omar Sy en père de famille fou de sa fille. Plus les années passent, plus cet acteur m’impressionne par son parcours. Il casse son image de rigolo (même s’il ne s’en éloigne jamais complètement) pour être de plus en plus subtile dans son jeu.

Avec la jeune Gloria Colston, il forme un duo incroyable. La complicité entre les deux est impressionnante. La jeune actrice est d’un naturel et d’une fraîcheur qui donne un vent de folie à ce récit.

Cette histoire de famille d’un éternel dragueur se retrouvant près malgré lui évite bon nombre de clichés. La thématique pourtant bien éculée trouve ici un renouveau. On est porté par le film et les 2h passent en un rien de temps entre rires et larmes.

Au final, c’est un très beau film qu’Hugo Gélin nous propose avec un casting très bien vu.

Une très belle surprise et un beau moment à passer.

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Ma vie de Courgette

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L’Autobiographie d’une Courgette de Gilles Paris m’avait ému lors de ma lecture (voir ma chronique du livre), c’est donc avec intérêt (et quelques attentes) que je suis allée découvrir son adaptation sur grand écran.

Le choix d’en faire une œuvre d’animation permet à ce récit de s’ouvrir à un public plus universel, de tout âge.

Cependant, le scénario signé Céline Sciamma ne fait abstraction d’aucun des thèmes forts de l’histoire originale. Abandon, deuil, sexualité, misère sociale, solidarité sont abordés avec simplicité et à travers le regard (pas si) innocent des héros du récit.

Partant d’une tragédie dans la vie de notre petite Courgette, on découvre une œuvre pleine de poésie et surtout bourrée d’espoir.

 

Réparer les vivants

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Après avoir été adapté au théâtre, le roman de Maylis de Kerangal, Réparer les Vivants,  se retrouve sur grand écran.

Jusqu’à présent, j’étais passée au travers de ce « phénomène ». C’est suite au passage des actrices au JT de France 2, et surtout, au propos d’Anne Dorval (actrice québécoise que j’adore) que je me suis laissée tenter.

Effectivement, ici, on ne tombe pas dans un pathos profond. La mise en scène se veut sobre et épurée. La cinéaste, Katell Quillévéré, est en équilibre du début à la fin pour nous montrer ce lien fragile, mais si important, entre vivants et morts.

Le tout offre une belle leçon de vie qui s’exprime via les regards, les sourires des personnages. Il suffit de si peu pour montrer que l’on est vivant.

Les acteurs sont d’une très belle justesse dans l’expression des émotions, à la fois touchant, poignant, attendrissant, déchirant…

Un film tout en délicatesse…

Annie version 2015 : Enfin un remake musical de réussi

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Inspire de la celebre bande dessinee « Little Orphan Annie », créée en 1924 par Harold Gray, « Annie » raconte l’histoire d’une orpheline de dix ans qui doit se battre contre la mechanceté et le despotisme de ses geôliers. Sa rencontre avec un milliardaire va renverser la situation.

Après les mauvais Footloose et Fame, c’est au tour d’Annie de se voir réactualiser.

AnnieJ’avais quelques réserves et pourtant dès la scène d’ouverture ça sent plutôt bon. Cette scène reprenant It’s the Hard-Knock Life avec des bruits de la rue donne une réelle dynamique au film. Mais surtout, il y a Quvenzhané Wallis. Cette gamine qui a fait ses débuts au ciné dans Les Bêtes du Sud Sauvage (rôle lui ayant valu une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice) est tout simplement incroyablement talentueuse. C’est vraiment le cœur de ce remake. Elle est parfaite pour ce rôle.

La volonté de donner un coup de jeune à cette comédie musicale se focalise sur des versions plus pop des chansons. Le tout est aussi très colorée et high tech. On a bon nombre de références à la culture contemporaine, que ce soit via les réseaux sociaux, les selfies, youtube… Le récit d’Annie s’imbrique à la perfection dans ce 21 ème siècle et puis pour gagner encore plus de public, on y apporte une grosse touche de culture « from the block » avec des acteurs black ou hispannique. Mais loin de tomber dans les clichés, laannie-2014 sauce prend bien et on a le droit à un bon feel good movie.

On se laisse vraiment porté par le film. Jamie Foxx en germophobe un poil coincé est parfait dans le rôle, Cameron Diaz en alcoolique hystérique l’est tout autant et le reste du cast n’est pas à la rue.

Mon seul regret serait le côté un peu trop « enregistrée en studio » de certaines chansons, ce qui nous rappelle que les scènes chantées sont en majorité filmées en playback. Petite mention spéciale à l’extrait de film lors de l’avant-première à laquelle assiste Annie pour avoir demandé à Mila Kunis, Ashton Kutcher et Rihanna de jouer dedans.

Lost River de Ryan Gosling

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En plus d’avoir un physique quasi parfait et d’être bon acteur, Ryan Gosling se la joue aussi réalisateur. Alors que l’an passé, James Franco présentait As I Lay Dying sur la Croisette, cette année Gosling débarque dans le cadre d’Un Certain Regard avec Lost River.

Un acteur qui devient réalisateur suscite souvent la curiosité, mais provoque aussi le scepticisme de la presse avec la crainte d’un buzz non justifié et plus marketing qu’autre chose. Il suffit de quelques minutes à Lost River pour balayer toutes nos inquiétudes et réticences. Le premier film de Gosling est un choc. A l’image de sa carrière d’acteur, il surprend à chaque plan en présentant un objet cinématographique étrange, étonnant et risqué. L’acteur/réalisateur américain mise gros et ça paye.

Lost River est hypnotique. C’est un film lyrique, morbide, glauque, irréel et complètement barré qui prend vie à l’écran. On ne sait plus où donner de la tête tant chaque plan nous en met plein la gueule. Il ose tout et presque n’importe quoi, ce qui est plutôt culotté pour un premier film. Une fois l’objet fini devant les yeux, on se dit que Gosling, en plus d’être brillant, est sérieusement attaqué du ciboulot. Lost River se profile comme une incursion dans l’inconscient du jeune cinéaste. Chaque plan surprend, entraîne le public dans une direction qu’il n’imaginait pas. Il joue avec le feu et n’a pas peur de se brûler. Entre poésie et cauchemars, le récit est constamment en équilibre.

Le scénario, qui  tourne autour d’une famille américaine faisant face à la misère et à leur ville mourant peu à peu, n’a au final pas vraiment d’importance. Tout repose sur l’esthétique de la photographie et la performance des acteurs. Rarement ville morte n’aura été aussi envoûtante au point que certains décors semblent sortir d’un monde imaginaire. Ultra-référencé (Stanley Kubrick, Dario Argento, David Lynch…), Lost River apparaît comme un méli-mélo d’images et de sons mixant tout un tas de styles cinématographiques pour donner un objet unique. Tout comme il redonne naissance à des images déjà utilisées par d’autres (maisons délabrées, visages déformés, feu…) sans jamais tomber dans le cliché. Le film doit énormément à son directeur de la photographie, Benoît Debie, qui aide le jeune cinéaste à offrir une oeuvre où chaque plan vient s’ancrer dans l’inconscient du public.

Cet esthétisme incroyable est soutenu par des acteurs qui le sont tout autant. Christina Hendricks, Matt Smith, Saoirse Ronan ou encore Iain de Caestecker nous transportent et donnent toute l’émotion qu’il faut à ce récit. Gosling sert un conte cauchemardesque éblouissant en guise de premier film. Quelle claque !

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American Sniper de Clint Eastwood

American Sniper de Clint Eastwood

Le destin hors normes de Chris Kyle, tireur d’élite d’exception qui officia à la Navy de 1999 à 2009. On compte plus de 150 personnes tombées sous ses balles…

Décidément Clint Eastwood semble se spécialiser dans les biopics. Après J. Edgar Hoover, Nelson Mandela ou encore Franki Valli, il décide cette fois de relater l’histoire d’un « homme de l’ombre ». Ce dernier se nomme Chris Kyle. S’il est parfaitement inconnu en France, il est l’un des tireurs d’élite les plus redoutables de l’armée américaine.

Le cinéaste veille à dresser un portrait de l’homme au-delà du soldat. Ce qui permet au spectateur de s’attacher au personnage. On le voit tomber amoureux, avoir une enfance pas forcément évidente avec un père autoritaire… Tout ceci permettant d’avoir une certaine empathie pour lui avant que l’on voit en mode soldat. Car sans cette introduction d’une vingtaine de minutes, il aurait été difficile de s’attacher d’une quelconque manière àAmerican Sniper de Clint Eastwood un homme tuant de sang froid hommes, femmes et enfants. Même si, certes, il tue en tant de guerre pour protéger son pays et éviter que les soldats, qui l’entourent, meurent aussi. Le cinéaste veut nous faire rentrer dans sa tête, pour mieux comprendre comment de simple soldat accomplissant son devoir, il se laisse aveugler par le désir de vengeance. Comme beaucoup de soldat ayant fait la guerre, il n’est plus le même et ne sait plus comment être un simple civil.

Bradley Cooper est plutôt impressionnant dans ce rôle. Il parvient à montrer toute la complexité du personnage, la lutte qu’il mène pour ne pas devenir une machine à tuer sans cœur. Il n’a d’ailleurs pas hésité à briser l’image de sex symbol qu’il se trimbale depuis Very Bad Trip en prenant quelques kilos et pas mal de muscles pour lui donner un aspect mi-armoire à glace, mi-nounours (et la ressemblance avec le vrai Chris Kyle est assez frappante). Tout repose ici sur ses épaules et il parvient avec brio à nous happer dans son histoire.

Pour le reste, le récit nous plonge au cœur de la guerre en Irak post 11 septembre 2001. Naturellement, le film est américain, donc on est bien dans un profil les ricains sont tous bon et les irakiens tous des méchants. Que ce soit la première scène de « combat » avec une mère et son fils tentant de lancer une roquette contre les soldats US, un irakien qui accepte de jouer les informateurs à condition de soutirer un joli pactole en échange, ou encore un American Sniper de Clint Eastwoodislamiste surnommé le Boucher torturant un enfant à coup de perceuse électrique… Mais bon, depuis le 11 septembre, on commence à être habitué à ce que les films mettant en scène des musulmans joue sur cette dualité. Enfin, la liberté d’Eastwood et du scénariste, Jason Dean Hall était un peu limité vu que le film est une adaptation des mémoires de Chris Kyle.

Dans le fond, c’est un bon film, bien réalisé avec un scénario classique mais balisé et un bon jeu d’acteurs. Cependant, l’aspect pro-armée américaine pourra probablement en déranger plus d’un, même si la question de « l’absurdité » de cette guerre est quelque peu abordée par moment. Je trouve dommage que le film prenne plus de profondeur que dans les 45  dernières minutes du film. Enfin, ça sent les Oscars à plein nez quoi qu’il en soit.

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That Lovely Girl de Keren Yedaya

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Le Festival de Cannes ne serait pas vraiment le Festival de Cannes sans un film qui fasse polémique. Cette année, il n’a pas été difficile à trouver, vu qu’il a été projeté le second jour dans le cadre de la sélection Un Certain Regard.

Cette année, le film qui a donc choqué une bonne partie de la presse et nous a laissé dans un flou artistique total est That Lovely Girl (Loin de mon père en français) de l’israélienne Keren Yedaya (Mon Trésor, Jaffa). On débute sur une longue scène de brossage de dent, si jusque là tout va bien, on se demande tout de même à quoi s’attendre. Une jeune femme d’une vingtaine d’années vit avec un homme d’un certain âge à Tel Aviv. Violent physiquement et sexuellement, il fait aussi preuve de manipulation psychologique à son égard. Quant à elle, on comprend rapidement que son brossage de dents intensif est lié à sa boulimie et qu’en prime elle est “adepte” de la scarification. Il y a clairement quelque chose de pas clair dans cette relation. Le public doit cependant patienter dix bonnes minutes avant de comprendre que les deux sont, amants certes, mais avant tout père et fille. Oui, les regards hallucinés et les bruits de dégoûts ne manquent pas de se faire remarquer.

Cette relation plus que malsaine évolue sous nos yeux durant 1h30 qui deviennent rapidement éprouvantes (la salle n’a d’ailleurs pas cessé de se vider au fil du récit). Les scènes glauques s’accumulent et ici la réalisatrice préfère jouer la carte de l’explicite plutôt que de l’implicite. On pourrait résumer une bonne partie du film à un cycle précis : Sexe / Manger / Vomir / Se mutiler. La cinéaste n’épargne rien ni personne. Tami s’avère petit à petit être une victime consentante. Le syndrome de Stockholm entre en jeu mais le traitement du récit et des personnages ne permet pas de la prendre en pitié ou d’essayer de comprendre pourquoi elle accepte son rôle de fille/”épouse”. Le summum étant atteint lorsqu’elle pique une crise de jalousie car son bourreau ose ramener une autre femme à la maison ou quand elle retourne volontairement entre ses griffes alors que la vie lui propose une porte de sortie.

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