La vie sexuelle des soeurs siamoises de Irvine Welsh

Les romans d’Irvine Welsh ont un drôle d’effet sur moi. Ils provoquent un effet d’attraction/répulsion au fil des pages. Du coup, j’ai toujours du mal à l’ouvrir et encore plus de difficultés à le refermer.

La vie sexuelle des soeurs siamoises ne déroge pas à la règle. Au fil des pages, j’étais prise d’une irrésistible envie de claquer certains personnages ou encore de fermer le livre violemment et de le jeter loin de moi. Malgré cela, une curiosité malsaine prenait le pouvoir sur moi et me poussait à aller plus loin dans la lecture.

Encore une fois l’auteur écossais fait mouche avec son analyse brutale de la société et l’intelligence dont il fait preuve dans le traitement des personnages et des thématiques choisies.

Alors que Trainspotting (probablement son roman le plus connu) traitait de l’addiction à la drogue, La vie sexuelle des soeurs siamoises se focalise sur l’addiction à l’image que l’on renvoie de soi, au sport, au sexe, à la bouffe… Toutes ces sujets qui font les gros titres de la presse féminine ou même sportive.

 » — Non, j’aime pas, j’adore, putain ! Il faut les pousser à se rendre compte à quel point leurs culs sont répugnants, et mon regard fait un tour de la table, et je reprends d’une voix plus basse, plus rocailleuse : — Mais j’ose espérer que vous avez bien compris que je plaisantais avec mon histoire de requins, et j’attends leur réaction.

— Bien sûr…. dit Valérie.

— ça coule de source, acquiesça Thelma.

— C’est vrai, j’enchaîne, — ce serait vraiment trop cruel d’exposer des animaux aux saloperies de toxines de ces corps gavés de malbouffe ! »

Tout se passe à Miami. Ville du culte du corps et du superficiel, mais aussi temple de la malbouffe. Pour illustrer son propos, on a d’un côté Lucy Brennan, coach sportive bi-sexuelle, obsédée par la performance et terrorisée à l’idée de vieillir et ne « plus pouvoir faire ou paraître ». De l’autre, Lena Sorrenson, une artiste en surpoids, névrosée et mal dans sa peau, manquant cruellement de personnalité.
La rencontre des deux femmes va donc donner de nombreuses étincelles pour finir par former un duo inattendu.

L’auteur va loin et n’a jamais peur de choqué son lecteur ou de pousser le bouchon un peu loin. Ce qui rend le tout plus authentique. 500 pages qui offrent un regard sans concession, et saupoudré d’humour, sur la société actuelle.

Probablement mon roman préféré de l’auteur depuis Trainspotting.

 

La vie sexuelle des soeurs siamoises de Irvine Welsh
Editions Au Diable Vauvert
Déjà disponible en librairies
512 pages / 22€

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