The Search de Michel Hazanavicius

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Auréolé de gloire avec le succès international de The Artist, Michel Hazanavicius devait se douter que la presse l’attendait au tournant pour son prochain film. Avec l’ambitieux The Search, il se prend méchamment les pieds dans le tapis (rouge).

Erreur de casting

Le projet avait un bon potentiel. Loin de la comédie, le cinéaste se lançait dans le mélodrame en choisissant pour toile de fond, la guerre en Tchétchénie. Il a beau croire à son film, ce n’est pas assez pour que le public suive. C’est la fleur au cœur, à la main et surtout à la caméra qu’il dévoile les horreurs de la guerre. Il y a de belles choses tout de même dans The Search, comme la mise en scène et la relation à l’espace. Certaines images restent en tête, comme celle de Hadji (Abdul Khalim Mamatsuiev – la révélation du film) marchant devant les chars d’assaut son petit frère dans les bras, ou encore celle des deux soldats sous l’hélicoptère en phase de décollage. Malgré cela, le film est (trop) maladroit. A vouloir respecter la gravité du sujet, il tombe dans quelque chose d’ennuyeux et plat. L’émotion ne parvient jamais à s’exprimer comme elle le pourrait. Et ce, malgré les nombreux plans de décombres, cadavres ou réfugiés qui nous sont offerts sur un plateau.

Le réalisateur se contente de souligner l’horreur sans vraiment la mettre en scène ou mener une réflexion autour de celle-ci. Côté casting, la talentueuse Annette Bening fait ici office de simple caution américaine pour garantir quelques entrées supplémentaires sur le territoire US. Mais la question principale que soulève le cast de The Search demeure autour du choix de Bérénice Béjo dans le rôle principal. Est-ce bien la meilleure idée pour un cinéaste que de choisir sa compagne pour porter son film ? Au vu du résultat, on peut se permettre d’en douter sérieusement. Seul, le jeune acteur incarnant Hadji, suscite une réelle émotion, que ce soit dans son mutisme ou dans cette très jolie scène où il danse sur les Bee Gees. Le scénario n’aide pas non plus dans cette quête de toucher le public au cœur. les tirades sont plates, à l’image du discours froid que Carole (Béjo) tient devant les Nations Unies en alignant les faits et les chiffres.

On ne le répétera jamais assez, mais The Search ne manque pourtant pas de bonnes intentions et c’est probablement la seule raison qui nous permet de tenir ces 2h30. Puis arrive le final, qui en essayant de réduire les trois personnages féminins à leur instinct maternel, plombe à nouveau le résultat escompté. La guerre sert de toile de fond à l’histoire d’une femme qui, voulant se battre pour de grande cause, termine par se rendre compte qu’à défaut de changer le monde, elle peut au moins changer la vie d’une personne en lui offrant un foyer.

Avec The Search, Hazanivicius a essayé de faire son Soldat Ryan ou son Full Metal Jacket… On salue la tentative, mais n’est pas Spielberg ou Kubrick qui veut…

PUBLIE PREALABLEMENT SUR ENVRAK.FR

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