Budo, un ami imaginaire à la langue bien pendue

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Budo est l’ami imaginaire de Max (ici pas de spoiler vu que la couverture du roman vous l’annonce) et est le seul narrateur de ce roman pas comme les autres. On s’attache très vite à ce personnage sorti de l’imaginaire d’un petit garçon atteint d’autisme. Max est enfermé dans sa bulle, il ne parle que très rarement et ça l’arrange vu qu’il ne sait pas vraiment comment s’exprimer. Alors il laisse Budo prendre le relais et c’est lui qui nous parle de Max, de son quotidien, de ses goûts…

« Je m’appelle Budo. J’existe depuis cinq ans. Cinq ans, c’est très long pour quelqu’un comme moi. C’est Max qui m’a donné mon nom. Max est le seul être humain qui peut me voir. Les parents de Max m’appellent un ami imaginaire. J’adore Mme Gosk, l’instit de Max. Je n’aime pas son autre instit, Mme Patterson. Je ne suis pas imaginaire. »

Ce récit prend alors une tournure émouvante et drôle, parce que Max ne voit le monde qu’à travers les yeux de son ami imaginaire et que tout cela implique pas mal de spécificités surprenantes, vu que les limites de Budo sont celles que Max a décidé de lui fixer. Matthew Dicks décide cependant de ne pas faire tout n’importe quoi avec son héros. Il offre un récit extrêmement réfléchi. Le tout est cohérent et il ne nous pond pas une série de personnage imaginaire complètement irréel qui font tout sans aucune restriction. Le récit est ainsi bien réaliste et permet au lecteur de s’immerger et de s’attacher aux personnages.

La connexion entre Budo et Max est parfaitement mise en avant, par exemple à travers la façon de communiquer de Budo. Celui-ci n’a pas été à l’école ou apprendre à parler via imitation, alors sa syntaxe est sa propre création et il n’hésite pas à s’interroger sur le sens des mots. Il faut d’ailleurs saluer le travail de traduction qui ici donne une très belle version française.

« C’est bizarre, un ami imaginaire. On ne peut pas tomber, ni être malade, ni étouffer, ni attraper une pneumonie. La seule chose qui peut nous tuer, c’est qu’on cesse de croire en vous. »

Ce roman a beau être destiné à la jeunesse, les adultes ne manqueront pas de le dévorer pour autant. Le ton est simple, l’histoire bien construite et les émotions qui en émanent sont multiples et toucheront chaque lecteur différemment. Une manière intelligente, originale et délicate de traiter de l’autisme chez l’enfant. Un coup de cœur que l’on veut partager sans modération.

Je m’appelle Budo de Matthew Dicks
Ed. Flammarion / dès 13 ans / Déjà disponible en librairies

Merci aux éditions Flammarion pour l’envoi.

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