Lettre à un disparu

Un matin ordinaire, où tout en me disant à ce soir, tu m’embrassais. Je n’ai rien vu venir, ni eu une mauvaise intuition… Tu as fermé la porte derrière toi et tu m’as laissé là, seule. Si seule que même au milieu de la nuit, je ne t’ai pas entendu rentrer, rien qu’un immense silence…

J’ai attendu en vain, sans cesser de fixer ce maudit téléphone, comme si ça allait le faire sonner. Simplement pour entendre le son de ta voix qui m’aurait rassuré. Même les mots que je détestais tant, j’aurais aimé les entendre : « Désolé, une réunion de dernière minute, je vais devoir y passer la nuit. ».

Rien, juste un vide immense… Cependant depuis ce matin je savais, j’aurais beau tout faire pour tenter d’effacer ce coup de fil de ma tête, pour faire comme si tout était normal, s’il ne s’était rien passé… J’essaye, mais en vain, la vérité est là, face à moi. Je me la suis prise en pleine figure, sans rien demander à personne.

Dieu seul sait à quel point je l’avais souhaité qu’un jour tu ne puisses plus jamais retourner dans ce bureau. Je sais aussi à quel point tu l’aimais, peut-être même plus que moi… Mais jamais, je n’aurais pensé que le sort joue ainsi contre nous. J’aurais tellement voulu te serrer dans mes bras pour te garder à mes côtés pour toujours. Pourquoi ce n’est pas lui qui est parti ? Pourquoi a-t-il eu le droit de voir les siens encore une fois ? Alors que tout ce qui me reste de toi est une ombre. Je la sens me tenir compagnie la journée, me tenir chaud la nuit, me donner le courage de garder l’espoir… Ce maudit espoir, qui me laisse croire que peut-être ce soir je te verrais passer la porte comme s’il n’était jamais rien arrivé.

C’est un parfum, un objet, un geste qui me montre à quel point je suis seule aujourd’hui. Je n’y comprend rien et je crois que je n’y arriverais jamais. Tu rentrais à la maison, tu venais me retrouver. Lui a fait l’erreur fatale de se trouver sur ta route et d’avoir bu. Malheureusement, pour nous mon amour, il ne t’a pas manqué. Il t’est passé dessus. J’espère seulement que tu es parti sans souffrance, car je souffre pour nous deux à présent. Et même, si tu ne pensais pas le faire aussi tôt, repose en paix pour nous, car je n’aurais de répit qu’après lui avoir fait payer. Dors mon cœur, je te retrouverais bientôt et nous pourrons reprendre là où  l’on nous a séparé …

Texte écrit en 2003

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