Lu et approuvé : Faut-il manger les animaux ?

Il y a de ces livres qui font réfléchir, qui nous ouvrent les yeux sur des réalités pourtant évidentes mais que par facilité on préférait ignorer. Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer en fait parti. Si l’écrivain nous avait habitués à des fictions à la fois poignante et un peu farfelue, aujourd’hui il s’attaque à une véritable réflexion sur nos habitudes alimentaires et les conséquences qui en découlent.

Tout a commencé avec la naissance de son fils. Foer est un végétarien à mi-temps, mais avec sa paternité la question de la responsabilité sur la manière d’éduquer sa progéniture apparaît. Outre les éternelles questions du genre télé ou pas télé, école privée ou publique, il se focalise sur « faut-il lui faire manger des animaux? ».

En découle alors toute une réflexion, mais surtout une véritable enquête sur l’industrie agro-alimentaire autour des élevages industriels. L’auteur prévient dès le début, il ne veut pas tomber dans le pamphlet pro-végétarisme. Au bout des 300 pages que compte ce roman, je peux vous dire qu’il y parvient. Certes il porte des jugements et il dit clairement à la fin de son oeuvre qu’à présent il est un végétarien converti, mais à aucun moment il ne tente de nous entraîner dans cette voie. Sa seule prétention est de nous pousser à la réflexion…

Pour ma part, ça a complètement fonctionné. Tout au long de ma lecture et depuis que je l’ai terminé, je ne cesse de me poser des questions sur mon alimentation et la manière dont je pourrai faire bouger les choses.
Il le dit lui-même, pas sûr que devenir végétarien ou végétalien soit la solution au problème, mais difficile de trouver une solution sur le court-terme plus envisageable… Car au-delà de nos choix alimentaires, le vrai problème est en amont, au niveau de l’élevage industriel. Au fil des pages et des révélations s’y trouvant, une partie de moi ne pouvait s’empêcher de se dire « mais ma pauvre fille, tu le savais déjà et pourtant jusqu’à présent ça n’a rien changé pour toi »… Et bizarrement, le fait de lire tout ça, a changé quelque chose en moi. Non je ne suis pas devenue végétarienne, mais croyez-moi pour une mangeuse de viandes comme moi les choses ont changé. Ma consommation de viandes (et de poissons) a considérablement diminué (c’est simple si je peux éviter d’en prendre je le fais), en dehors des réserves que j’avais faite avant de lire cet ouvrage je n’en ai pas racheté et dès que j’en mange je ne peux pas m’empêcher de culpabiliser… Vous allez me dire autant devenir végétarienne à ce rythme… Ma foi j’y pense… Mais ce n’est pas si évident quand vous avez passé vos 28 dernières années à en manger à tout vos repas (ou presque)…

On a tous des convictions sur nos choix alimentaires. Par exemple, on ne mange pas de chiens car pour nous c’est un animal de compagnie et on montre du doigt les pays d’Asie pour le faire. Personnellement, je refuse aussi de manger du cheval et du lapin. Par contre, je n’ai jamais rechigné à manger du boeuf, du veau, du canard, du porc, du mouton ou du poisson, voir même du kangourou… Alors pourquoi sauver le lapin plutôt que le canard, le cheval plutôt que le porc ???

Je ne veux pas vous révéler tout ce que raconte Foer ou les industriels, qu’il a rencontré et interrogé, et qui parlent sans langue de bois… Mais lorsque l’on apprend que la viande que l’on trouve dans notre assiette est : bourrée d’antibiotiques (ce qui nous rend moins sensible à ces-derniers), pleine de virus (et après on s’étonne de voir apparaître chez l’homme des maladies comme la grippe H1N1 ou la vache folle), ou encore que les animaux dont elle provient ont été élevés dans des conditions inhumaines, ont été maltraités et torturés par plaisir… Franchement très peu pour moi. Alors certes, il existe encore quelques rares élevages traditionnels où les animaux vivent bien et dans des conditions normales, sont abattus rapidement et avec l’objectif de ne pas les voir souffrir ou ne sont pas issus de mutations entre plusieurs espèces ou shootés en permanence…

Outre les conséquences de l’élevage sur les animaux, il faut noter aussi ce que cela implique sur le plan écologique. On se bat pour réduire les émissions de gaz avec les voitures, mais en réalité si on arrêtait l’élevage en masse de vache, ça serait une solution plus radicale et à l’effet positif plus rapide. Si on interdisait la pêche au filet, on éviterait de voir des millions d’animaux marins disparaître (plancton, baleine, dauphin, requin….) sous prétexte que l’on veut choper du thon ou des crevettes… Si on interdisait le stockage des défections dans des fosses proche de population on éviterait de nombreuses maladies et le dégagement de gaz toxiques… Les solutions sont multiples et toute possible, mais elles ont un coût que ce soit pour l’éleveur ou l’Etat et c’est bien là que ça pose problème.

Alors en attendant de trouver la solution et de réunir suffisamment de monde pour faire bouger les choses, je ne vous recommande que trop la lecture de ce livre. De mon côté, si je me vois toujours difficilement refuser un plat cuisiné par un proche comprenant de la viande ou du poisson, je continue tout de même sur ma lancée en diminuant ma consommation et en limitant au maximum mes achats dans ce domaine…

Et inutile de me dire : « Mais ça se passe aux Etats-Unis, en France on n’est pas comme ça… » Alors ouvrez les yeux mes cocos, car Etats-Unis et Europe, c’est le même combat quand il s’agit d’élevages industriels !

Faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foer
22€ aux Editions de l’Olivier

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